Préparer les enfants au déconfinement

Cet article est écrit par Brigitte Cassette, formatrice en Education Relationnelle et Consciente

Les angoisses de l’après-confinement commencent à apparaître alors que les familles ont enfin réussi tant bien que mal à instaurer un climat sécurisant en structurant les espaces, en organisant les journées et parfois en instaurant de nouvelles règles plus adaptées. Et voici maintenant qu’il va falloir sortir de la bulle. Pour certain-e-s enfants avec un réel soulagement, pour d’autres clairement : ils ne veulent pas retourner « dans le monde » !

Proposons des représentations concrètes du futur. Une petite fille sort d’un cauchemar et explique à son parent : « je vais me noyer à la piscine si je dois mettre un masque pour nager !». Une autre imaginait qu’après le déconfinement ce serait comme une rentrée scolaire : nouvelle maîtresse, nouveaux enfants et cela l’angoissait beaucoup ! Les enfants entendent des mots, des discussions et tentent de construire leurs représentations à partir de ça ! Nous pouvons les aider en passant des mots aux images. Dessiner le retour à l’école, dessiner la maîtresse avec un masque et des gants, voir des photos de personnes masquées, dessiner la classe avec un bureau sur deux « qu’on ne peut pas utiliser ». Mais aussi expérimenter : mettre des masques aux poupées ou aux figurines de jeux, au lapin en peluche… Raconter comme une histoire « Il était une fois » l’arrivée à l’école, certains copains/copines qui seront là, d’autres non. Peut-être contacter les copains et copines proches pour mieux informer l’enfant de leur présence ou absence. Imaginer avec l’enfant l’entrée dans la classe en respectant les distances de sécurité. L’enfant est habitué à découvrir de nouveaux univers, il peut s’y conformer s’il s’y sent en sécurité. Or la sécurité va lui être donnée par cette représentation concrète du « comment ça va se passer ». Pour discuter ensemble du déconfinement un petit court métrage rigolo (You Tube)

Prendre de nouveaux repères : Des études ont montré que le visage est le principal miroir des émotions. Par le visage, nous sommes informés sur l’état intérieur. Et si on ne voit plus le visage ? Un enfant de moins de 18 mois lit déjà sur le visage de la personne qu’il rencontre toutes les informations susceptibles de le sécuriser au niveau relationnel. Il a appris très vite que le sourire est une entrée en relation positive et sans danger par exemple. Si son vis-à-vis est masqué, l’enfant perd un essentiel de l’information. Nous allons donc l’habituer à se reporter sur les yeux, la voix, les gestes. Le parent peut mettre le masque parfois : « c’est pour m’habituer, fais-le aussi si tu veux » … Avec les plus jeunes, jouer à « coucou je suis là » en enlevant et en mettant le masque. Important de percevoir que la bouche est là, derrière le masque. L’enfant ne sera alors pas surpris si la nounou ou la professionnelle de crèche l’accueille avec un masque (elle joue comme maman !).  Avec les enfants plus âgés on pourra s’habituer en faisant des activités ludiques en portant le masque, ou avec les distances de sécurité et donner l’habitude déjà à la maison d’avoir un masque à certains moments pour s’habituer et comprendre les règles du port de masque. La veille de la première sortie « dans le monde », nous pouvons inviter un voisin ou un ami ou un cousin et passer un moment avec eux en portant le masque et en respectant les règles de sécurité : quand on l’a fait une première fois ça fait moins peur…

« J’ai peur de sortir ! ». Evitons le plus possible que les enfants soient présents lors des informations données par les médias, même s’ils semblent occupés à leur jeu. Evitons d’évoquer devant eux nos inquiétudes ou hésitations face à ce déconfinement, cela risque d’enrayer leur sentiment de sécurité.  L’enfant entend des mots, perçoit l’émotion ambiante et va se faire « ses théories d’enfant » ensuite. Quitter la famille peut alors lui faire peur. Certains enfants posent des questions pour vérifier leur compréhension. Avant de répondre, demandons-lui toujours ce qu’il a compris, ce qu’il en pense : cela permet de cerner les éléments qui l’inquiètent ou le rendent anxieux. Certains enfants hélas gardent tout à l’intérieur. Ce qui ne s’exprime pas s’imprime ! Cela va souvent se traduire par des problèmes d’endormissement ou de sommeil, parfois de la somatisation quand « sa théorie d’enfant » est inquiétante. Parlons-lui pour l’informer mais sans « en faire trop » (car il percevrait alors notre propre inquiétude) et à un moment où nous serons dans une vision sereine face à la situation. Le rassurer en lui disant que le monde va bientôt reprendre « comme avant », que tout a été réfléchi pour que les enfants soient en sûreté. Inventer une petite comptine rassurante qu’il pourra se dire à l’intérieur quand il se sentira inquiet.

Et si on en parlait ?

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